Je ne suis pas naïve et encore moins utopiste. Il y a aujourd’hui bien trop d’individus qui sont hors la loi et cela en toute impunité, déversant la haine par peur de la différence, sur nos réseaux sociaux mais aussi maintenant dans nos rues*, commettant des délits, que tous auraient, il n’y a pas si longtemps encore, trouvé inadmissibles.
J’ai le sentiment de devenir une résistante face à cette infâme traînée puante qui se distille à la vue de tous et notamment de nos enfants. J’ai le sentiment que ce qui était rejeté unanimement il n’y a pas si longtemps encore par le plus grand nombre, tombe dans une banalité qui devient au fil du temps une norme acceptée par beaucoup dans un silence tout aussi détestable. Alors oui je m’indigne lorsque l’on ne prête pas à ceux qui souffrent déjà d’une stigmatisation violente les mêmes droits qu’aux autres. Aucun être humain n’est supérieur à un autre. C’est totalement scandaleux de jouir d’une posture subalterne du fait de son orientation sexuelle, son handicap, sa couleur de peau, ses origines, son sexe, etc…
L’état français est lui-même défaillant face à de nombreux droits qu’il n’octroie pas encore à certaines personnes du fait de leurs spécificités.
Peut-être que nous n’avons pas pour habitude de nous questionner sur l’épineuse question des Droits de l’Homme. Peut être que nous n’avons pas pour habitude de questionner nos consciences et de ce que seraient nos vies si nous étions discriminés pour un détail qui fait notre spécificité.
Imaginez un instant, si demain tous ceux qui sont plus petits qu’un mètre soixante,
– se verraient avoir des difficultés à être embauchés ?
– se feraient tabasser dans la rue dès qu’on les croise ?
– verraient leur salaire inférieur de 20% pour un même poste que leurs collègues ?
– subiraient moqueries et harcèlements jusqu’à se passer la corde autour du cou ?
– n’auraient pas le droit de donner leur sang sauf s’ils étaient abstinents depuis un an ?
– n’auraient pas le droit d’adopter, même en couple ?
– ne pourraient pas contracter un crédit immobilier même en étant cadre ?
– n’auraient pas le droit de vivre librement une relation sexuelle ou affective sans l’approbation du corps médical ou de l’équipe encadrante ?
Probablement que nous tous, nous nous indignerions de cela. Les plus grands défendraient les plus petits, avec force et véhémence.
Il n’est là que bon sens…
Aucune utopie, aucune naïveté. Je suis bien certaine que nous ne laisserions pas la société absorber une telle hérésie.
Alors peut être que certains me poseront la religion comme garde fou des lois implicites de nos mœurs. Sauf que la religion n’est pas liée à l’état. Ce n’est pas elle qui dicte les lois de notre pays.
Et au-delà de cela, les valeurs humaines qui posent mes convictions humanistes se fondent sur le respect de chacun. C’est ainsi que je vois notre humanité toute entière, l’Homme au centre de toute chose, qu’importe son sexe, sa culture, son travail, son niveau d’étude, son orientation sexuelle, sa spécificité physique ou psychique, ses opinions politiques, sa religion.
J’ai bien mis « sa religion » tout à la fin. C’est ainsi voulu car je crois sincèrement qu’elle n’est qu’un détail dans ce qui constitue l’individu tout autant que ses goûts artistiques ou ses opinions. Je ne parle pas ici de la place que le monde lui confie à ce jour. Mais de celle qu’elle se devrait d’avoir dans notre monde pour que nous n’en fassions pas un prétexte à la haine.
Je crois sincèrement que nous nous devons de continuellement remettre en question nos principes édictés depuis l’enfance. Cela ne nous ferait pas perdre nos valeurs, au contraire, nous gagnerions en considération de l’autre, quand aujourd’hui nous continuons à militer en super conquérant avec cette notion discutable qu’est la tolérance.
Aucun être humain ne vaut plus qu’un autre être humain, c’est en soi ce qui me permet de le considérer comme je me considère. Le reste fait partie des spécificités qui nous façonnent tout un chacun comme être unique. Nous ne sommes aucunement différents les uns des autres, c’est une erreur que de croire cela, c’est un non sens absolu.
Nous sommes simplement uniques de par nos spécificités …
* je parle là de ces graffitis, de ses croix gammées et autres messages de haine qui fleurissent de plus en plus ces temps ci sur les murs des villes.
©ello Muse
#lesmotsdecello

J’aime vous lire aussi…