Je ne suis apte à baiser que si l’on me fait l’amour.
Le reste est lassant. Les hommes sont ennuyeux dès lors qu’ils se mettent à parler de sexe, alors que mon esprit bande avec assurance grâce à leurs mots et cette fulgurante brillance qui les anime quand ils font preuve d’intelligence. Cette extase fait mouiller ma culotte. La pire frustration est de mourir d’illusions avec des êtres trop conventionnels qui font de l’amour un sacre de voluptés. Je ne suis pas une femme romantique, je suis une femme perverse et exigeante puis tendre et apaisée. L’art de l’érotisme est une douce tourmente intellectuelle qui prépare le corps au désir. Pour transgresser la convention et oser s’assumer comme la pire des catins, j’ai paradoxalement besoin d’évoluer dans l’amour le plus absolu. Je ne suis pas une femme romantique, je déteste les roses et les dîners enrobés de noeuds en velours rouge, mais je suis une femme pudique bien qu’inconvenante aux yeux de certains. Je le deviens encore plus, alors, par pure provocation. Je suis apte à baiser quand on fait l’amour à mon esprit. C’est lui qu’il faut savoir séduire pour dévaster le cœur et défoncer le corps. C’est lui seul qui cède au sexe la prestance de la volupté et accorde le désir et la nécessité avec cette noble lenteur et une appétence démesurée. Je suis une femme gourmande, mais pas de toutes les bouches, juste de celles qui auront su comprendre que le verbe précède la chair, que les baisers les plus goûteux sont ceux que les mots auront su faire naître dans mon esprit.
Bref, je suis une femme de lettres.
©ello Muse
#lesmotsdecello

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