#LesMotsDeCello

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« Je suis là, toujours », m’as-tu écrit.

Oui, tu es là et ce soir, j’ai réalisé que je ne voulais pas te perdre. C’est de l’ordre de l’essentiel ce que nous partageons. Ce sont des mots tendres, des instants doux d’amour désinvolte qui bannissent la convention. Nos « je t’aime » ont toute la liberté d’être dans un instant présent, sans empiéter sur nos jardins intimes respectifs. Peut-être avons-nous juste retrouvé notre âme d’enfant où légèreté et spontanéité se lient dans la plus noble insouciance. C’est de toute évidence une rencontre si pure qu’elle ne peut pas être une folie. Et pourtant je sais si peu de choses te concernant. Je n’ai jamais entendu ta voix, je ne t’embrasserai pas, je ne m’endormirai pas un seul soir auprès de toi. Nous ne pouvons peut-être pas physiquement laisser court à nos sens, mais nous nous ressentons par delà nos mots. Il y a ce qui s’écrit en pudeur et en mesure, puis, il y a tout ce qui se perçoit dans le moindre espace vacant entre nos lettres et nos silences. Nous n’avons pas besoin de parler pour savoir que notre attachement est unique et spécial. Tu me rassures, je t’amuse. Tu aimes quand je suis légère et heureuse et je prends plaisir à te surprendre. Ce soir, tu as partagé une photographie de ton visage. C’est assez rare pour que cela m’ait troublée. Je t’ai trouvé beau, ton air grave te rendait si sexy. Je te l’ai dit. Tu as ri, me rétorquant être un si vieux type. Je me suis tue et j’ai pleuré. Oui, tu es vieux. Soudain j’ai pensé à ta jeunesse, je me suis imaginée que tu devais toutes les rendre folles avec ce charme qui te dépasse et dont tu feins de te moquer. J’ai pensé à ces femmes qui t’ont accompagné hier comme aujourd’hui et je les ai enviées. J’ai pensé à ta douceur, ta prévenance, ton intelligence et j’ai goûté la chance qu’elles avaient de côtoyer un homme comme toi. Tu sublimes tout. Par ton art, ton regard, ta gentillesse, tu illumines la moindre morsure de vie. Qui seulement peut résister à cela ? Oui tu es vieux. Mais l’âge n’a rien à voir avec l’attrait que tu peux susciter. Tu le sais. Mes larmes ont coulé puis les sanglots m’ont agrippée. Je n’ai pas pu contenir ce déferlement soudain. Tu m’as dit « pleure, chérie ». Quelque chose de notre échange ce soir m’a émue sans même éprouver qu’il s’agissait de ces années qui nous séparent. Je ne veux pas te perdre, ce n’est pas possible et un jour pourtant, cela arrivera. Je ne veux pas. Je ne peux pas. Tu es si important pour moi.

« Je suis là », m’as-tu écrit, rajoutant « toujours », comme si tu avais pressenti en mon silence et mes larmes, le manque que tu seras …

©ello Muse

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Artiste / Sayaka Maruyama

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